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  <title>LE GRENIER DU LIN...La boutique qui a la fibre !!! - HISTOIRE DU LIN</title>
  <link>http://blog.legrenierdulin.com/</link>
  <description>La boutique pédagogique !</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 05 Sep 2008 11:53:12 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>LA FILATURE DE LIN EN FRANCE.</title>
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    <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 20:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Arnaud</dc:creator>
        <category>HISTOIRE DU LIN</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.relin___chine_015_m.jpg&quot; alt=&quot;relin___chine_015.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure où la Chine est devenue &amp;quot;l'usine du monde&amp;quot;, et que plus de 80% des
fibres de lin produites en France sont vendues aux filatures Chinoises, je vous
offre un peu de recul en vous plongeant dans l'histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.filature_badin__barentin__m.jpg&quot; alt=&quot;filature_badin__barentin_.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en train de lire un livre publié en 1878 &amp;quot;Etudes sur le travail des
lins&amp;quot; par Alfred Renouard Fils. Aprés avoir lu quelques pages et nottament le
chapitre sur la filature j'ai pensé qu'il serait interessant de le mettre en
ligne sur ce blog. Un peu chaque soir, tel un feuilleton, vous pourrez lire ce
magnifique ouvrage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/reRenouard_003.jpg&quot; alt=&quot;reRenouard_003.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred RENOUARD Fils. Ingénieur civil, filateur et fabricant de toiles à
Lille, membre de plusieurs Société savantes de France et de l'Etranger...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/reRenouard_005.jpg&quot; alt=&quot;reRenouard_005.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;APERCU SUR L'HISTOIRE DE LA FILATURE DU LIN EN FRANCE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la filature du lin en France comprend deux périodes: la
première, pendant laquelle elle ne fut qu'une industrie toute manuelle et
l'apanage des familles ouvrières; la seconde, où passant à l'état d'industrie
mécanique, elle s'agrandit, prospéra, sous forme d'ateliers et de manufactures,
et devint pour notre pays l'une des sources les plus fécondes de richesses.
Mais comme, à notre sens, l'histoire du filage à la main présente plus
d'intéret pour l'antiquaire que pour l'industriel, nous ne ferons qu'en
indiquer les principales étapes, pour nous arrêter plus volontiers et plus
longuement sur l'industrie mécanique proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Parmi nos industries locales, s'il en est une que nous pouvons à bon droit
revendiquer comme indigène, c'est certainement celle du lin. Il nous semble
que, dans les Flandres, l'emploi du lin n'a pas de date, car, aussi loin que
nous remontions, tout indique qu'après la laine le lin dût être le premier
textileemployé pour la confection des vêtements. Lorsque les romains firent la
conquête des Gaulles, nos champsde lin les frappèrent d'admiration. César, dans
ses commentaires, ne manque pas de décrire le &amp;quot;sagum&amp;quot; de nos ancètres, habit
fait en fil de lin, et dans la dénomination duquel il faut sans doute chercher
l'origine de notre &amp;quot;sarrau&amp;quot; actuel. Srabon et Pline nous disent aussi que de
leur temps, notre pays , quoique fort boisé, produisait beaucoup de blé, de
millet, et quantité de lin avec lequel on faisait différentes sortes de
toiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/sagum.jpg&quot; alt=&quot;sagum.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Francs ne dédaignèrent pas de continuer la tradition, et, au VIII ème
siècle, Charlemagne en encouragea la culture. Il défend en outre, dans ses
Capitulaires, de filer les dimanches (789), il spécifie la peine à infliger à
ceux qui se seront rendus coupables du vol de cette plante (798), et il exige
(813) que l'on file le lin à la cour pour en confectionner des vêtements. Au
siècle suivant, nous voyons Charles-le-Gros (884) ordonner que toutes les
femmes, même les princesses, soient instruites dans l'art de le filer et de le
tisser. Les chroniqueurs du temps parlent alors des fuseaux d'argent dont se
servaient les femmes de la cour, mais ils ne disent rien du métier qui servait
à en faire de la toile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les documents qui nous restent sur le commerce des Flandres, l'un
d'eux surtout mérite d'être signalé. Il y est rapporté qu'à l'entrée d'Isabelle
de Flandre dans la ville de Courtrai, les magistrats voulurent donner à la
comptesse une idée de la principale industrie du pays, et en même temps la
recréer en l'instruisant. On représente alors devant elle, sur un théâtre à dix
degrés, les diverses manipulations que l'on faisait subir au lin avant de le
transformer en toile. Préparation de la terre, ensemencement, sarclage,
récolte, rouissage et teillage, toutes les opérations en un mot, jusque même
celle du filage au fuseau, du tissage et du blanchiement, furent représentés en
simulacre devant elle. On feignit même en terminant, de vendre au marché la
toile qu'elle avait vu tisser. Nous pourions encore citer un grand nombre
d'aures documents qui nous prouvent combien alors cette industrie était alors
chez nous étendue et en quelque sorte vénérée.&lt;br /&gt;
Toutefois, en dehors de la Flandre, les toiles de lin étaient en France d'une
extrême rareté ne s'offraient qu'aux grands personnages, et l'emploi journalier
du linge sur le corps était même regardé comme un luxe effréné. Ainsi, pour les
cérémonies du sacre, on fabriquait exprés à Reims des serviettes dont le
travail était trés-estimé; d'autre part, on reprochait à Isabeau de Bavière,
femme de Charles VI (1380) de dilapider le trésor public parcequ'elle avait
deux chemises de toile fine. D'ailleus à Lille, les sayetteurs qui étaient avec
les drapiers les principaux industriel de la ville, fabriquaient beaucoup plus
de toiles anglaises; c'est à dire de toiles mixtes en lin et en laine, que de
tissus de lin proprement dits.&lt;br /&gt;
Le compté de Laval avait été le premier qui eût profité de l'exemple des
Flandres. On sait en effet que les manufactures de ce pays ne doivent leur
origine qu'aux cultivateurs et aux toiliers flamands que Béatrix de Gaure,
comptesse de Flandre, avait emmenés avec elle en 1296, lors de son mariage avec
le compte de Laval.&lt;br /&gt;
Peu à peu cependant l'emploi des tissus de lin commença à se généraliser dans
les classes moyennes, et le commerce s'agrandit tout autant par le bénéfice
qu'on en retirait que parce qu'on s'aperçut que l'emploi de ces étoffes faisait
disparaitre un grand nombre de maladies cutanées, la lèpre en particulier; mais
alors ce n'est plus en France que ces industries prennent leurs plus grand
essor, c'est en Allemagne, où elles y deviennent une source inépuisable de
richesses. La silésie avait crée en 1300 une corporation spéciale pour en
favoriser le commerce, et le Palatinat en 1340, comptait déjà un grand nombre
de fabriques de toile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.restage_no_l_22_nov_2006_010_sq.jpg&quot; alt=&quot;restage_no_l_22_nov_2006_010.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun connait le nom du fabricant Fulger, qui dans un banquet offert à
Charles-Quint brûlait grâcieusement dans un bol d'aromates un billet d'un
million de florins que l'empereur lui avait souscrit, du tisserand Sugger qui
se trouvait assez riche pour prêter des millions d'écus aux papes et aux
empereurs. &amp;quot;J'ai dans ma ville d'Ausbourg, disait alors Charles-Quint, en
parlant de Sugger, un tisserand capable de vous acheter tous les trésors de la
couronne de France&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Il fallut la guerre de trente ans pour renverser cette suprématie et répandre
le commerce des fils en Angleterre et en Hollande. En France, la Flandre avait
toujours la primauté, &amp;quot;la filleterie&amp;quot; (aujourd'hui filterie) avais surtout pris
grande extension; on y faisait alors des fils de 3,4,5 et 7 bouts, des fils de
masse, des fils façon Tournai, des fils de Bretagne, des fils à broder, à faire
dentelles, des fils dit chainets, etc. Quant au commerce des tissus il ne se
bornait guère qu'à la sayetterie. On citait encore, comme chose trés-rare et
ainsi qu'on le faisait auparavant, l'emploi du linge sur le corps, et les
historiens (1580) mentionnent comme une grande nouveauté les deux chemises de
toile que Catherine de Médicis possédait dans son mobilier.&lt;br /&gt;
La mécanique, si je puis m'exprimer ainsi, ne faisait guère de progrès durant
ce temps. Le &amp;quot;fuseau&amp;quot;, bâton pointu et court, qui tordait et enroulait les
fibres suspendus à une &amp;quot;quenouille&amp;quot;, avait été, en 1533, remplacé par le rouet.
Cet instrument, inventé par un bourgeois de Brunswick, Jurgens de Watenbuttel,
tordait le lin des mains de la fileuse et l'enroulait sur une bobine. Il ne fut
guère changé qu'en 1777, par l'intendant De Bernières qui y ajouta une seconde
bobine pour permettre de filer des deux mains à la fois. Depuis ce temps, il
n'a reçu aucun changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.restage_quenouille._023_m.jpg&quot; alt=&quot;restage_quenouille._023.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est, en peu de mots, l'historique du filage à la main dans nos contrées.
Les grands évenements politiques, tel que les guerres de Flandre, la révocation
de l'édit de Nantes, en entravèrent quelque fois les progrès, il faudrait alors
pour en raconter toutes les péripéties, passer en revue l'histoire proprement
dite des Flandres et de la France; nous préférons nous borner à ce simple
récit.&lt;br /&gt;
Nous terminerons en indiquant rapidement ce qu'était le commerce des fils de
lin à Lille avant 1789.&lt;br /&gt;
A cette époque, Lille possédait un grand nombre de marchés, dont un spécial
pour la vente des fils de lin. Le marché au fil de lin devait se tenir, d'après
une ordonnance de l'époque, dans la place vulgairement nommée le Petit-Marché,
au-dessus du Pont-de-Fin, entre la rue des Malades et des Petites-Boucheries;
c'est l'endroit que nous appelons aujourd'hui la rue des Pont-de-Comines,
située dans le vieux Lille.&lt;br /&gt;
Une ordonnance réglait les heures d'ouverture de ce marché qui devait alors &amp;quot;se
faire les mercredis et samedis du matin, à sçavoir, depuis les Pâques jusqu'à
la Saint-Rémy, à sept heures, et depuis la Saint-Rémy jusqu'aux Pâques, à huit
heures.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Les fabricants de toile et filetiers formaient alors la véritable aristocratie
lilloise, bien plus encore qu'aujourd'hui, et toutes les ordonnances prises au
sujet de ces corporations n'avaient en vue que de favoriser constamment et
circonscrire leur commerce. Nous citerons entre autre celle du 15 fevrier 1576,
émanant des officers de la chambre des comptes et défendant &amp;quot;de lever le droit
de Tonlieu sur les fils de lin que les fileuses apporteraient en cette ville
pour être vendus dans les marchez,&amp;quot; puis celle des magistrats de Lille du 24
octobre 1662, 15 avril 1692, 24 novembre 1705, 29 octobre 1707, 16 novembre et
17 juillet 1714, 26 mai 1726, 25 janvier 1735, tendant toujours à monopoliser
pour certains corps d'état la vente et l'emploi des fils de lin.&lt;br /&gt;
Ainsi les manufacturiers qui employaient ce produit avaient &amp;quot;seuls&amp;quot; le droit
d'entrer au marché durant la première heure. Tous étranger ou tout habitant de
Lille qui n'était ni sayetteur, ni bourgeteur, ni filetier, ni tapissier,
n'avait le droit d'y mettre les pieds sous peine d'amende de 6 florins. Il
fallait attendre l'heure suivante.&lt;br /&gt;
L'achat de fils au marché était en outre défendu à ceux qui en faisaient un
commerce en dehors des corporations de métiers;&lt;br /&gt;
Aux gens dits&amp;quot; recoupeurs&amp;quot;, c'est à dire à ceux qui faisait profession
d'acheter du fil pour le revendre, sous peine d'une amende de 6 florins;&lt;br /&gt;
Aux &amp;quot;baloteurs&amp;quot;, c'est à dire aux commissionnaires chargés de vendre les fils
des recoupeurs (même amende en cas de contravention);&lt;br /&gt;
Aux étrangers, manants de la ville, etc, sauf pareille punition.&lt;br /&gt;
En outre, il n'était aisé d'acheter du fil à sa guise. Ceux qui avaient ce
droit ne pouvaient &amp;quot;acheter ou faire acheter fil de lin plus que par deux
personnes de chaque famille, à peine de trois florins d'amende, et de six
florins en cas que la contravention fût faite par quelque personne
interposée.&amp;quot;&lt;br /&gt;
En ce qui concernait les vendeurs, il était dit: &amp;quot;personne ne pourra vendre
fils de lin au préjudice de ce que dessus, à peine de 10 patards d'amende en
cas de contravention.&amp;quot;&lt;br /&gt;
De plus, comme il était complétement défendu de vendre des fils en dehors du
marché de la ville, on était arrivé sauf de rares exeptions, à monopoliser le
commerce des fils et des toiles entre les mains des corporations de tissus et
de filterie, et la vente entre les mains des fileuses seules.&lt;br /&gt;
La fileuse qui vendait des fils en dehors du marché payait 3 florins d'amende,
et tout acheteur dans les mêmes conditions en payait 24. Il était d'ailleurs
souvent spécifié dans les ordonnaces qu'on ne devait ni aller en chercher dans
les villages, les faubourgs, ou au portes de la ville, ni recevoir chez soi les
fileuses avec leur fil, etc.&lt;br /&gt;
Ceux qui étaient suspects d'être recoupeurs, baloteurs, etc, en un mot de faire
un métier en fraude, étaient toujours en cas de requérance, &amp;quot;tenus de jurer sur
les faits servans à la découverte des dites fraudes, à peine de
conviction.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.march__au_lin_Bergues_2006_017_m.jpg&quot; alt=&quot;march__au_lin_Bergues_2006_017.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.restage_no_l_22_nov_2006_010_sq.jpg&quot; alt=&quot;restage_no_l_22_nov_2006_010.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IIème PARTIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans déjà, la filature mécanique du coton était inventée;la
laine de son coté se filait aussi mécaniquement; le lin seul restait à
l'écart.&lt;br /&gt;
Rien cependant n'avait été négligé pour arriver à un but utile. Arkwright
essayait de filer le lin sur ses machines à coton; Paul Lewis, André de Paris,
Perron, inventaient successivement des appareils à filer le lin, mais sans
arriver à aucun résultat. L'Angleterre surtout avait fait de grands efforts: en
1767, Porthouse, de Darlington, prenait un brevet pour un métier à filer auquel
cinq ans plus tard James Aytoun, de Kirkaldy, ajoutait des perfectionnements
notables; une petite filature montée par Aytoun lui même avec quartre de ces
machines, fonctionna pendant quelque temps en Angleterre, mais pour disparaître
bientôt. Robinson, en 1793, William Brown, deux ans plus tard, imaginèrent
d'autres appareils; ceux de Brown, introduits en Angleterre, et plus tard en
France, en 1805, étaient regardés comme les plus parfaits, mais étaient loin de
résoudre le problème.&lt;br /&gt;
Frappé de cet état de choses, Napoléon 1er voulut avoir le premier l'idée d'une
telle création: son patriotisme l'y poussait, comme aussi son aversion des
Anglais. Etonné des prodiges d'activité et des sources de richesses
qu'engendrait chez nos voisins l'industrie de la filature de coton, il pensa
que, tout en maintenant le blocus continental, le meilleur moyen de faire
concurrence à ce produit exotique était de filer un textile indigène, et il
choisit le lin, matière filamenteuse d'un usage alors universel.&lt;br /&gt;
Le 12 mai 1810, un décret, daté de Bois le Duc, parut dans le &amp;quot;moniteur&amp;quot;,
promettant un million de récompense à l'inventeur de la filature du lin.&lt;br /&gt;
Chacun en connait le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.blocus_continental_m.jpg&quot; alt=&quot;blocus_continental.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois après, le 13 juillet 1810, un premier brevet était pris pour cette
invention; il contenait tous les principes fondamentaux du filage mécanique,
&lt;strong&gt;Philippe de Girard&lt;/strong&gt; avait résolu le problème, la France
comptait une gloire de plus.&lt;br /&gt;
&amp;quot;Quelques jour après la publication du décret impérial, dit M. Ampère, Philippe
de Girard, alors agé de trente-cinq ans, était chez son père à Loumartin.
Pendant le déjeuner de famille, on apporta le journal qui contenait ce défi
magnifique jeté à l'esprit d'invention, sans exclure aucun peuple, et comme
avec la confiance que l'universalité du concours n'empêcherait pas cette
récompence d'être remportée par un Français. En effet, c'est un Français qui a
eu, sinon le bonheur de l'obtenir, du moins la gloire de l'avoir méritée.
Philippe de Girard passa le journal à son fils en lui disant: &amp;quot;Philippe, voila
qui te regarde.&amp;quot; Après le déjeuner, celui ci se promenait seul, décidé à
résoudre le problème. Jamais il ne s'était occupé de rien qui eût rapport à
l'industrie dont il s'agissait. Il se demanda s'il ne devait pas étudier tout
ce qui avait été tenté sur le sujet proposé; mais bientôt il sedit que l'offre
d'un million prouvait qu'on n'était arrivé à rien de satisfaisant. Il voulut
tout ignorer pour mieux conserver l'indépendance de son esprit.&lt;br /&gt;
Il rentra, fit porter dans sa chambre du lin , du fil, de l'eau, une loupe, et
regardant tour à tour le lin et le fil il s dit: &amp;quot; avec ceci il faut que je
fasse cela.&amp;quot; Après avoir examiner le lin à la loupe, il le détrempa dans l'eau,
l'examina de nouveau, et le lendemain à déjeuner il disait à son père: &amp;quot;Le
million est à moi !&amp;quot; Puis il pris quelque brins de lin, les décomposa par
l'action de l'eau, de manière à en séparer les fibres élémentaires, les fit
glisser l'une sur l'autre, en forma un fil d'une finesse extrême, et ajouta:
&amp;quot;Il me reste à faire avec une machine ce que je fais avec mes doigts, et la
machine est trouvée.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Il avait effectivement trouvé le principe de la filature à l'eau chaude, et
pour lui, du principe à l'application, il n'y avait qu'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.restage_no_l_22_nov_2006_010_sq.jpg&quot; alt=&quot;restage_no_l_22_nov_2006_010.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certain du succès de ses recherches, il voulut toutefois les mettre en
pratique, afin de présenter au concours proposé une méthode logique et assurée.
Associé avec ses frères et quelques amis, il convertit en appareils de tout
genres et en constructions l'héritage paternel, et monta bientôt rue Meslay, à
Paris, la première filature de lin; sous l'influence de Constant Prévost, un
second établissement fut bientôt créé rue de Charonne, et Girard se
trouvatout-à-coup à la tête de deux fabriques modèles.&lt;br /&gt;
Le moment étant venu de faire connaître son invention, Philippe de Girard en
fit part à l'Empereur. Accompagné de Chaptal, celui ci visita toutes les
machines et examina les produits fabriqués. Son approbation fut complète;
aussitôt après cette visite; il écrivit lui même au ministère le 22 mai pour
donner l'odre de convoquer le jury de concours.&lt;br /&gt;
Les évènements politiques en décidèrent autrement...c'est l'époque de la
Restauration.&lt;br /&gt;
Peu soucieux de payer les dettes de Bonaparte, ce gouvernement ne donna aucune
suite au concours provoqué par Napoléon 1er; avec les Cent-jours, Philippe de
Girard reprit espoir.&lt;br /&gt;
Il avait, pour soutenir son industrie, grevé d'hhypothèques ses proriétés et
celles de ses frères, et comme, grâce à ces sacrifices, il passait encore pour
celui qui savait faire le plus beau fil et tesser les plus belles toiles, il
écrivit à l'administration pour qu'elle donnât suite aux promesses de 1810. Le
directeur du Conservatoire lui écrivit le 11 juin que sa demande était
agréée.&lt;br /&gt;
Mais peu de jours après, Waterloo vint nous perdre. Napoléon tomba
définitivement, et avec lui son protégé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.encyclopedie.info/index.php?FCM_module=FCM_jvf&amp;amp;FCM_jvf_op=page&amp;amp;FCM_jvf_article_id=1057&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/Philippe_de_Girard.jpg&quot; alt=&quot;Philippe_de_Girard.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Girard ferma d'abord sa filature de la rue Meslay. Il ne conserva celle de
la rue Charonne que dans l'espoir de relever son crédit, refusant malgré tout
de céder aux conseils de ses amis qui l'invitaient à déposer son bilan. Un
créancier impitoyable le fit arrêter et conduire à Sainte-Pélagie.&lt;br /&gt;
En ce moment critique, Philippe de Girard offrit au gouvernement, par
l'intermédiaire de M. de Bevière, de vendre ses machines à des coditions
exxceptionnellement avantageuses; le ministre de l'intérieur, M de la Branche,
jugea plus digne de ne pas donner suite à ces propositions. Il se décida
quelques jours après, à donner à Philippe un léger secours: alors que Napoléon
n'avait pas reculé devant l'offre d'un million pour l'invention de la filature
mécanique, le nouveau gouvernement finissait, après maintes demandes, par
accorder une simple subvention de 8000 fr. , et encore, en prenant pour
garantie un materiel qui en valait plus de 30 000.&lt;br /&gt;
Ce fut alors qu'exaspéré par ces revers et sollicité par François d'Autriche,
Philippe de Girard alla construire une filature mécanique à Hirtenberg, près
Vienne. Il laissait cependant à Paris, sous la direction de ses frères, un
assortiment complet, pour perpétuer dans sa patrie le souvenir de ses
inventions.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.restage_no_l_22_nov_2006_010_sq.jpg&quot; alt=&quot;restage_no_l_22_nov_2006_010.jpg&quot; /&gt; A la même époque, un brevet était pris en
Angleterre par Mr Horace Hall, en société avec MM. Lanthois et Cachard,
employés de Philippe de Girard, qui, profitant de la confusion des évenements,
avaient eu l'imprudence d'enlever clandestinement les dessins du maitre et de
se les approprier. Chose singulière, tandis qu'en France le gouvernement
refusait tout secours à Girard, de l'autre coté du détroit, on donnait à
Lanthois et Cachard, pour prix de leurs abus de confiance, 2000 livres sterling
comptant !&lt;br /&gt;
Cependant il n'était pas étonnant, après les guerres de l'empire, de voir
diminuer en France la culture du lin, qui demande beaucoup de bras, tant pour
la préparation de la terre que pour la récolte même. Les cultivateurs s'y
livraient de moins en moins, découragés par de mauvaises années, et effrayés
d'un décret d'octobre 1815 qui, rangeant le rouissage en grand dans la première
catégorie des établissement insalubres, en ordonnait la suppression à la
moindre réclamation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/Rouissage_dan_la_Lys.jpg&quot; alt=&quot;Rouissage_dan_la_Lys.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie du lin était dans une situation tellement précaire, que, malgré
ses refus à Phillipe de Girard, le gouvernement d'alors chercha des moyens
moins onéreux pour en atténuer le déclin. En 1816, un décret frappant d'un
droit de4 fr. aux 100 kgs les lins importés de la Belgique, stimula le courage
des cultivateurs. La culture du lin repris un nouvel essor.&lt;br /&gt;
Toutefois, la filature de Paris était loin de prospérer. Abreuvé de revers, et
désespéré du peu de sympathie qu'il rencontrait en France, Frédéric de Girard,
qui la dirigeait, mourut en 1820. Il était le seul survivant des frères de
Phillipe de Girard, dont l'établissement fut aussitôt fermé.&lt;br /&gt;
Or, il arriva qu'en récapitulant les dettes de Phillippe de Girard, on ne
trouva pas assez dans la vente de ses machines pour les couvrir. M. Laborde les
acheta toutes, en fit construire d'autres par M. Saulnier, et monta une
filature à ses risques et périls. C'était le second Français qui osât filer
mécaniquement.&lt;br /&gt;
D'autres établissement se montèrent bientôt à Versailles, à Gamache, à Mouy, à
Aaran en Suisse. Toutes ces fabriques étaient basées sur le système Girard.
Ceux qui n'en avaient pas voulu tout dabord, le copiaient aujourd'hui; leur
inexperience les perdit peu-à -peu, ils ne purent supporter la concurrence du
filage à la main.&lt;br /&gt;
D'autres les remplacèrent, mais avec des appareils des plus défectueux,
grossièrement copiés sur les premiers modèles, ils tombèrent en peu de
temps.&lt;br /&gt;
Sollicité de toutes parts, le gouvernement chercha enfin des moyens sérieux de
faire revivre chez nous cette industrie toute Française. En 1822, un décret
ayant relevé à 10 fr. le droit d'importation, la filature finit par prospérer,
et nos produits commencèrent dès lors à être goutés à l'étranger. Cette année
notre exportation fut considérable, tant en matières brutes qu'en fils et
tissus; notre culture s'éleva dans le nord à 15000 hectares.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.illustration._Renouard_001_m.jpg&quot; alt=&quot;illustration._Renouard_001.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
En 1824, on vit venir en France un Anglais, homme obscur jusque là et inconnu
de tous, mais qui était poussé par une idée fixe: dérober à la France la
filature mécanique et l'importer en Angleterre. Il se nommait Marshall.&lt;br /&gt;
Après un court séjour chez nous, il retourna dans sa patrie, muni des
renseignements qui lui était nnécessaires, et bientôt fonda à Leeds la première
filature Anglaise. A ne cosidérer cette industrie que par ses résultats
financiers, elle date vraiment de cette époque, car Marshall réalisa bientôt
des bénéfices incroyables. Il engagea comme contre-maître avec un salaire
élevé, Lanthois, employé de Girard, dont nous avons parlé plus haut. Quant à
Cachard, largement aidé, il fit bientôt concurrence à son ancien complice, sous
la raison sociale de deux commanditaires, Hive et Atkinson.&lt;br /&gt;
L'essor une fois donné à l'Angleterre, la filature de lin s'y transforma
bientôt. Chacun connait les noms de ces innovateurs: David Caencross, Peter
Fairbrain ,John Combe, Samuel Lawson, pour les machines de filature; Peeters,
Robinson, Wortwooordh, pour les machines de peignage, qui par leurs
perfectionnements successifs firent, des appareils grossiers de Girard, des
métiers bien plus parfaits.&lt;br /&gt;
Nous ne pouvions, avec nos machines primitives, lutter contre les appareils
anglais.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.filature_de_lin_s.jpg&quot; alt=&quot;filature_de_lin.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/./.restage_no_l_22_nov_2006_010_sq.jpg&quot; alt=&quot;restage_no_l_22_nov_2006_010.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;A SUIVRE...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.legrenierdulin.com/public/REDIM-IMG_1120.jpg&quot; alt=&quot;REDIM-IMG_1120.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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