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LE LIN TEXTILE, UNE CREATION DE L’HOMME

A travers le monde, environ 200 lins sauvages existent et se maintiennent naturellement. En France, 15 écotypes sont recensés. Mais ces lins « sauvages » courts ou branchus, vivaces ou pauvres en fibres, sensibles aux maladies ou avec des fibres fragiles, présentent peu d’intérêt technique et n’ont rien à voir avec le lin cultivé. En effet, Linum usitatissimum est issu d’une sélection « naturelle » réalisée par l’homme. Comme beaucoup d’autres espèces cultivées, elle a commencé il y a plusieurs milliers d’années. Pour preuve, cette plante n’a plus le même nombre de chromosomes que la plupart des lins sauvages. Peuples d’Asie Centrale, Egyptiens, Gaulois…. ont favorisé le développement en nombre de ces types de lins. Les ethnobotanistes estiment que sans l’intervention de l’homme pour maintenir et conserver ceux-ci à travers les millénaires, cette espèce cultivée n’existerait plus. En fait, par sa culture, l’homme tout naturellement a favorisé les plantes intéressantes pour l’utilisation textile.

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PLUS DE 10 000 LIGNEES DE LIN CULTIVEES A CONSERVER. Richesse « écologique » et patrimoine de l’humanité reconnus, le maintien de la biodiversité d’une espèce est très délicat et coûteux. La France, premier producteur de lin en Europe et peut-être au monde pour sa qualité, ne représente que 80 000 ha pour cette culture. C’est l’équivalent par an des surfaces prises à l’agriculture pour créer routes, logements, sites industriels…Malgré ces surfaces réduites, de très gros efforts sont développés pour maintenir ces collections de plantes et la biodiversité du lin. A travers le monde, il existe 4 à 5 collections nationales. La plus importante et la plus renommée se trouve à St Petersbourg à l’Institut Vavilov avec 5 à 6 000 lignées différentes. En France, l’INRA maintient une collection de 2 à 3 000 lignées. Dans ces collections, on y retrouve aussi les lins sauvages.Les sélectionneurs de sociétés privées contribuent également au maintien de cette biodiversité. C’est pour eux la source de départ pour créer de nouvelles variétés. Les deux sélectionneurs privés français maintiennent chacun environ 1 000 lignées différentes.

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Mais une collection de variétés n’a de valeur que si chaque plante est décrite avec ses caractéristiques. L’idéal serait de faire la cartographie génétique du lin cultivé et des lins sauvages.En fait, le plus difficile est de conserver chaque plante avec son originalité et ses caractéristiques génétiques propres. Pendant la phase de culture, il ne doit pas y avoir de croisement involontaire, de pertes dues aux ravageurs ou au gel. Chez Terre de Lin par exemple, coopérative agricole française spécialisée en lin et aussi établissement créateur de variétés, les sélectionneurs conservent ces biens les plus précieux sous forme de semences dans des congélateurs pour une longue durée de 20 à 25 ans.Parallèlement, ils mettent tous les 5 à 6 ans les lignées en culture pour renouveler les semences avec d’infinies précautions.

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L’IMPORTANCE DE LA CREATION VARIETALE. Le rôle du sélectionneur est de regrouper sur une même plante les caractéristiques génétiques qui vont répondre à plusieurs objectifs. Ce sera par exemple, la finesse et la qualité de la fibre pour la filature et le prêt-à-porter, la productivité et la résistance aux maladies pour répondre aux besoins de l’agriculteur. Il y a encore quelques années, le lin était plus utilisé pour les draps, le linge de maison et les sacs postaux que pour l’habillement. De plus les maladies en champs étaient différentes de celles connues aujourd’hui. Les conditions de culture et les attentes des marchés évoluent. Il faut donc créer enpermanence des variétés. Très régulièrement, des nouvelles variétés sont utilisées.Les 17 variétés cultivées aujourd’hui sont toutes différentes de celles cultivées il y a 10 ans. Il faut donc beaucoup de diversité pour créer les variétés de demain. En effet, le sélectionneurdoit pouvoir puiser dans les ressources génétiques. Une meilleure description des lignées et une bonne connaissance des cartes génétiques des différents lins existants sont nécessaires. Laconstitution d’une banque de gènes permettrait une meilleure exploitation des sources «originales » des collections par l’utilisation de techniques avancées en biotechnologie ou génie moléculaire.

Source: GNIS, mars 2006.

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