Lin : à Écuires (Pas de Calais) comme ailleurs, une année
catastrophique dans un contexte morose.

Bernard Maesse espère que la situation s'améliorera à l'avenir pour les
producteurs de lin.
L'année n'aura décidément pas été facile pour les agriculteurs. Les
producteurs de lin du département - le troisième en France - déplorent eux
aussi une très mauvaise récolte 2007. Mais à la différence des céréaliers, les
cours ne compenseront pas la perte en rendement.
Cela n'étonne plus Bernard Maesse, producteur à Écuires et président
départemental du Groupement des producteurs de lin : « Cela fait
plusieurs années que les cours sont bas, même si la tendance était un peu à une
amélioration. » Mais cet été humide a engendré une filasse - la matière
utilisée pour fabriquer du textile - médiocre. Cette année, la récolte a
démarré avec huit jours de retard et n'est pas encore terminée pour
certains : « Habituellement, on arrache vers le 10 juillet et tout
est fini début août. » Une bonne récolte classique de lin amène 1 200 à 1
400 kg de filasse par hectare. « Cette année, si on obtient 900 kg, ce
sera beau », estime Bernard Maesse.
À force de voir les années se suivre et se ressembler, des producteurs en
viennent à envisager l'abandon de cette culture stressante et qui demande
beaucoup de technicité : « Il faut une heure pour récolter un hectare
de blé, dix heures pour autant de lin. » L'exploitant tourne en
coopérative d'utilisation du matériel agricole, la CUMA des Sables, avec sept
adhérents. Une seconde coopérative s'est greffée afin d'augmenter la surface à
récolter et d'amortir davantage les frais : « Nous nous occupons tour
à tour de l'arrachage », explique Bernard Maesse.
L'agriculteur a repris l'activité initiée par son père, mais arrêtée un
temps, en 1987. Aujourd'hui, avec douze hectares, la part du lin de
l'exploitation représente 8 à 10 %. De quoi ne pas en être trop dépendant. Mais
Bernard Maesse est aujourd'hui partagé quant à l'avenir de cette culture :
les Chinois sont devenus acheteurs quasi-uniques du lin : « On n'a
pas vu le phénomène venir, constate le président départemental du groupement.
Il y a dix ans, ils ne représentaient que 30 %. Aujourd'hui, c'est 80 %. »
D'un autre côté, le grand marché que représente l'Asie et l'utilisation
optimale de la plante (chauffage, litière pour chevaux et pâte à papier)
incitent les producteurs à ne pas sombrer dans le pessimisme. •
ANTHONY BERTELOOT (La Voix du Nord, mercredi 19.09.2007)

Voir aussi le JT de TF1 du 15 septembre 2007 en cliquant ici